dimanche 24 avril 2011

Faire la guerre à ses propres opinions c'est se donner l'opportunité de faire la paix avec l'autre

Faire la guerre à ses propres opinions c'est se donner l'opportunité de faire la paix avec les autres. Belle phrase de Raphaël Enthoven, philosophe. En ces temps de guerre, où les opinions vont bon train et où la guerre trouve sa légitimité dans le sauvetage de populations, la question peut se poser. Le nouveau G5, le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et South Africa) prône le cessez-le-feu et la négociation (1). Avant l'embourbement , faire la guerre à nos idées d'occidentaux pourrait nous donner peut-être l'occasion de faire la paix avec les autres.
En fait, le sujet que je voulais aborder aujourd'hui était l'intuition et l'égalité Hommes-Femmes et la référence à la guerre et à la paix m'a fait dériver... désolé...
Pourquoi voulais-je aborder le sujet de l'égalité Hommes-Femmes devant l'intuition ? Parce que mon opinion était qu'il n'y avait pas de différences de compétences intuitives entre hommes et femmes. Cette opinion était fondée sur les données statistiques des profils psychologiques de type MBTI (Myers & Brigs Type Indicator) ou d'autres encore (PCM, Success Insights ou HBDI, Préférences Cérébrales d'Herrmann) qui ne voient aucune différence significative de proportion masculine ou féminine dans aucun des profils déterminés. L'une des composantes de notre personnalité selon la théorie des types de C.G. Jung se trouve être notre manière de percevoir les informations : certains d'entre nous ont une préférence pour d'abord percevoir le global puis le détail d'autres font l'inverse. Les premiers sont de type Intuitif pour Jung, les autres de type Sensation. Et bien, il n'existe pas plus de type Intuitif chez les femmes que chez les hommes. Le professeur Richard Wiseman de l'Université de Hertfordshire a démontré dans une expérience une égalité presque parfaite entre hommes et femmes : 72% d'hommes contre 71% de femmes ont répondu correctement à la question "Que se cache-t-il derrière ces photos partiellement masquées ? Un sourire franc ou simulé ?"
Serge Ginger, psychiologue clinicien et psychotérapeute spécialiste en Gestalt Thérapie, vient bousculer nos schémas. Il avance que le cerveau gauche des femmes est plus développé que celui des hommes. or, le cerveau gauche est celui de la rationalité, de la communication, du partage. Le cerveau droit est le siège de l'émotion, de la compétition, de l'action. La femme est moins émotive mais partage plus ses émotions alors que l'homme l'est plus mais les retient. Il semblerait qu'il y ait beaucoup de tentatives de suicides chez les femmes mais peu de décès, alors qu'il y'a plus de tentatives de suicides réussies chez les hommes.
Emotion et Intuition sont associées mais doivent être différenciées : confondre émotion et intuition reviendrait à confondre opinion et raison. L'opinion est entâchée de tant de croyances, de représentations, de fruits de notre éducation, comme nos émotions. L'intuition, comme la raison est "froide", évidente, sans discussion. Ma conviction est que l'intuition fait appel autant au cerveau gauche (les faits, l'observation, le réalisme, le passé) qu'au cerveau droit (le global, le futur, la projection) et qu'en cela nous sommes tous égaux pour exercer se sens magnifique, mais peut-être pas sur les mêmes choses. Serge Ginger nous dit que nos sensibilités aiguisées par des millénaires de vie sauvage sont différentes : l'homme chasseur-cueilleur et la femme garante de la protection de la progéniture. La femme est ainsi plus sensible à l'Ouïe et l'homme à la Vue. La femme perçoit plus de nuances de couleurs alors que l'homme perçoit mieux les formes et le mouvement. La femme se repère (détails de l'itinéraire), l'homme s'oriente mieux dans l'espace.
En lisant le compte-rendu de cette conférence de Serge Ginger, j'ai fait la guerre à mes propres opinions pour mieux faire la paix avec ceux avec lesquels je n'étais pas d'accord. Il m'a fait bouger dans mes croyances et en cela, je le remercie. Et vous ?

(1) Attention à l'autre gouvernance mondiale (Le monde. fr) http://ow.ly/4FWYh
(2)Cerveau féminin/Cerveau masculin (Serge Ginger) http://ow.ly/4FX8y

mardi 19 avril 2011

Tsunami : Terre tu te mutinas !

Le terme tsunami (kanji : 津波) est un mot japonais composé de tsu (津), « port », « gué », et de nami (波), « vague » ; il signifie littéralement « vague portuaire ». Elle fut nommée ainsi par les pêcheurs qui, n'ayant rien perçu d'anormal au large, retrouvaient leur ville portuaire ravagée. (http://ow.ly/4DdMd)
Ça ressemble bien à une mutinerie, à une révolte, à un énorme bouleversement. Tsunami et, Terre, tu te mutinas ! Une terre mutine est-elle mutante ?
Au-delà des étymologies et des anagrammes troublantes, la question se pose de manière criante depuis quelques années ; la Terre est-elle en mutation profonde et avec elle, ses habitants ? Ou est-ce l'inverse ?
La mutation, mot plutôt utilisé dans le monde de la génétique, se différencie du changement par son irréversibilité. A en croire les spécialistes, la Terre a bougé de 10 centimètres sur son axe à la suite du tsunami du 11 mars ! (*)
Les conséquences sont inimaginables : personne ne peut dire aujourd'hui ce qui en résultera, sinon qu'après le 11 mars 2011, comme après le 11 septembre 2001, le Monde aura vécu une mutation irréversible.


(*)
"Des résultats préliminaires d'études effectuées par l'Institut national italien de géophysique et de vulcanologie (INGV) indiquent que le séisme du Japon aurait déplacé l'axe de rotation de la terre de près de 10 cm", a indiqué le directeur de recherche Antonio Piersanti dans un communiqué publié sur le site de l'institut.

Photo empruntée sur le blog Apocalypse au Japon 2011 : travail remarquable sur cet évènement http://ow.ly/4DeEz
Apocalypse au Japon 2011 (blog)

dimanche 10 avril 2011

Génération C comme Changement

Nos amis québecois ont nommés la génération qui suit la génération Y (les 25-35 ans), la génération C (les 12-24 ans). C comme Communiquer, Collaborer et Créer (1). Leurs grands frères et sœurs étaient déjà en quête de sens et de lien ; leurs cadets forcent encore le trait.
Ils sont nés avec internet, un ordinateur au bout des yeux et des doigts, ils assistent et participent à la prise de conscience de notre empreinte sur la planète, ils apprennent différemment, plus vite, plus en surface aussi, de manière très certainement plus "holistique" et plus labyrinthique (à la manière d'une recherche sur la toile), leur mémoire fonctionne différemment, ils savent qu'ils peuvent retrouver beaucoup de de choses apprises sur le réseau -alors pourquoi s'en souvenir inutilement-, ils vivent en réseau de manière naturelle, les frontières entre vie privée et vie scolaire ou professionnelle sont minces voire inexistantes. Ce qui est nouveau, c'est qu'ils semblent vouloir créer là où leurs ainés veulent comprendre le monde. Les spécialistes disent qu'ils seront à l'origine d'une réelle révolution des organisations(2).
Promoteurs du changement, nos enfants de la génération C ?
Clare W.Graves (professeur au Union College de New-York) et Don Edward Beck (professeur à l'Université du Nord Texas puis conseiller de Nelson Mandela) ont chacun de leur côté développé un modèle de développement de l'Humanité : Spiral Dynamics (3). Ce modèle statistiquement éprouvé montre une évolution de notre Humanité qui alterne des étapes centrées sur l'individu avec des étapes centrées sur le collectif. Chaque grand niveau d'évolution est soutenu par un socle de valeurs.
- Ethnocentrique (Beige/Violet) : subsister seul et en groupe (besoins physiologiques et appartenance)
- Egocentrique (Rouge/Bleu) : pour acquérir une identité individuelle et de groupe (compétition et vérité ultime)
- Sociocentrique (Orange/Vert): pour assurer satisfaction matérielle et émotionnelle (désir matériel individuel puis collectif, en relation avec les autres)
- Humanocentrique (Jaune/Turquoise) : pour reconstruire l'homme et le monde (compétences individuelles, autonomie puis vision holistique).

Dans ce dernier niveau d'évolution, deux "sous-niveaux" apparaissent : un premier où l'énergie se centre sur l'individu, ses compétences, sa reconnaissance, son autonomie et un second où les valeurs et compétences du niveau précédent sont utilisés à des fins collectives.
Les générations Y et C seraient-elles une lecture sociologique d'un modèle plus large d'évolution de notre Humanité ? Le Monde est-il en train de virer au Turquoise ? La génération C sera-t-elle celle du Changement ?
Ce serait en fait une bonne nouvelle.

(1) Travailler avec la génération C - La Presse Affaires http://ow.ly/4wWUF
(2)Lire aussi "Après la génération Y, la génération C..." http://ow.ly/4wWV3
(3) Spiral Dynamics- Le blog de Don Edwad Beck http://ow.ly/4wWPg

dimanche 27 mars 2011

Alerte enlèvement ! depuis 3 heures cette nuit, Ora n'a plus donné signe de vie.

Cette nuit Ora a disparu, enlevée par une faille temporelle. Une fois par an, cette heure disparait et six mois plus tard, cette heure nous revient...Personne ne sait ce qu'elle fait pendant ce temps, cette heure. Est-elle bâillonnée, menacée, enfermée dans un trou noir ? Est-elle détenue seule ou avec d'autres heures enlevées dans d'autres mondes? Est-elle bien nourrie au moins ? Lorsqu'elle nous revient six mois après, silencieusement, dans la nuit, elle ne nous raconte jamais rien. Alors, personne ne sait ce qui se passe pendant ce temps. Imaginez-vous un instant à la place d'Ora.
Il y a quelques semaines, vous avez vu se rallonger les jours, les bourgeons, les fleurs, les abeilles, les moucherons vous ont donné des signes évidents qu'une fois encore, on allait vous demander de disparaitre pendant six mois. Comme d'habitude, vous vous mettez à la recherche d'un endroit où vous allez pouvoir remplir un trou. Pas facile, les mondes sont de plus en plus changeants et de plus en plus connectés : la concurrence est rude. Une heure par-ci, une heure par-là, vous pourriez dire ; ça ne se voit pas. Eh bien, si, ça se voit énormément ! Une heure, ça ne peut pas passer inaperçu. Vous ne pouvez pas vous rajouter à un monde qui compte déjà son cycle complet : impossible ! Imaginez une journée de 25 heures sur Terre... impossible, je vous dis. Alors, vous vous mettez en quête d'un monde d'accueil qui aurait un manque d'une heure. Parfois, vous tombez sur des Mondes qui manquent d'une minute, d'autres qui manquent d'une année entière : pas facile de s'accorder parfois. Trouver le Monde à qui il manque juste une heure... pas simple !
Alors cette fois, vous avez décidé d'aller voir un spécialiste, un sage, un expert : Chronos. Ras le bol tous les ans de faire le même cirque !
Chronos vous reçoit très vite (il est assez réactif comme Dieu). Après les traditionnels "Alors, comment ça va ces temps-ci ?", sans ambages, vous lui posez la question qui vous brule les secondes.
- Chronos, dites-moi, y aurait-il un autre moyen que de trouver un endroit vide pour que je m'y pose pendant six mois ? C'est très compliqué à trouver. L'espace pour les temps supplémentaires se font de plus en plus rares.
- Ora, je vais te dire un secret qui risque de te perturber un peu. Assieds-toi. Prends un peu de ce merveilleux nectar de l'année 3212.
Un peu interloqué vous avalez ce parfum hors du temps et au moment où vous vous rendez compte de ce que vient de vous dire Chronos, le nectar disparait.
Chronos sourit alors et vous dit avec un air narquois :
- Le jour où tu comprendras que tu n'existes pas, tu auras fait un bond énorme et tu pourras trouver ta place n'importe où.
Ora, comprenant cela, s'imagina une sorte de cylindre dans lequel elle pouvait circuler librement, exister simultanément à plusieurs étages de ce cylindre, sans forcément attendre de remplir un "trou" temporel. Elle avait effectivement fait un bond énorme mais dans quel espace-temps ?

dimanche 13 mars 2011

Le 17 mars prochain, mon livre "Auto-coaching efficace" sera dans les bacs au Québec et le 24 mars prochain, en France, en Belgique et au Luxembourg. En voici la présentation.

Au quotidien, des obstacles de toutes sortes viennent ralentir notre progression: imprévus, manque de temps ou de ressources, habitudes confortables… Et si ces obstacles étaient comme des œillères qui nous cachent tout un monde de solutions ? Le but de ce livre est d'aider les lecteurs à se libérer de ces contraintes dans la conduite de changements souhaités pour un nouveau départ. Vous y découvrirez les quatre étapes que sont l'intuition, la conscience, le changement et l'éveil, leurs enjeux respectifs ainsi que les voies de résolution possibles.

- Intuition:
L'intuition est une compétence que nous devons développer si nous voulons changer de manière plus efficace. Il combine notre expérience, notre sens de l'émerveillement et l'attention à notre environnement.

- Conscience
De nombreux écrans viennent masquer notre réalité. Plus nous serons capables d'en briser, plus nous prendrons conscience de qui nous sommes. Une plus grande prise de conscience nous permet de nous poser des questions au sujet de nos mécanismes internes et ainsi réduire nos craintes.

- Changement:
Il est nécessaire de mieux comprendre les étapes de (déni, colère, acceptation ...) afin de réaliser des changements durables. Bien que le changement inconscient ne soit pas très stimulant, le changement conscient et délibéré, même quand il nous est imposé, est une extraordinaire source de progrès pour nous et les autres.

- Éveil:
L'éveil est un stade où les certitudes et les jugements font place à une attention à l'action plus qu'à l'objectif à atteindre, à une attitude ferme mais souple, à une prise de conscience de ses émotions et une ouverture à quelque chose de plus grand que nous.


Les points forts du livre

-Ce livre offre des outils accessibles à tous. Il est écrit non pas pour les coachs, consultants ou formateurs, mais bien pour le grand public.
-Ce manuel est destiné à être pratique : les exercices proposés sont concrets et peuvent se faire seul.
-Il comprend 9 outils originaux développés par l'auteur, ainsi que 21 outils pratiques choisis parmi les plus efficaces utilisées par les coachs.
- Il est construit à partir de plus de dix ans d'expérience dans le coaching des gestionnaires (managers) et des dirigeants.

Ce livre audacieux deviendra votre allié numéro un pour vous dégager de ces contraintes et parvenir au changement souhaité. Fort de ces connaissances et des nombreux outils d'auto-coaching efficaces que l'auteur vous y révèle, vous serez plus que jamais en mesure d'avancer dans la direction recherchée et d'atteindre vos objectifs en toute conscience.

Pour le commander au Québec, en édition papier ou au format électronique http://www.editions-homme.com/ficheProduit.aspx?codeprod=359666

Pour le commander en France, http://livre.fnac.com/a3399368/Yann-Coirault-Autocoaching-efficace, http://www.decitre.fr/livres/Auto-coaching-efficace.aspx/9782761929936, http://amzn.to/iek2oA

http://www.editions-homme.com/ficheDroits.aspx?codeprod=359666

La confiance se donne-t-elle, se mérite-telle ou n'est-elle qu'une conséquence ?

Confiance et contrôle sont des notions habituellement explorées lors des formations en management et après un échange intéressant avec un groupe sur ces sujets, j'avais décidé cette semaine d'en faire le sujet d'un billet pour explorer la notion de confiance dans le changement. Le 11 mars, l'énorme séisme au Japon déclenche un tsunami dévastateur qui touche la centrale nucléaire de Daiichi à Fukushima. Le réacteur n'est plus refroidi, la pression augmente, une réaction en chaine s'ensuit et une explosion retentit le 12 mars. Après la catastrophe naturelle, la catastrophe nucléaire ? Les spectres de Tchernobyl et de 3 Mile Island resurgissent. Du coup, mon sujet prend une autre couleur.

En étudiant de plus près ces notions qui peuvent paraitre contradictoires - Si je fais confiance, je ne contrôle pas et inversement- la confiance, quand on en regarde la définition, correspond à un sentiment de sécurité consécutif à un crédit positif vis-à-vis d'une personne, d'une organisation, d'un objet ou d'un dispositif. Le contrôle de son côté a en français deux acceptions ; la vérification (check en anglais) et la maitrise (control en anglais), avec deux intentions bien entendu très différentes et complémentaires.
Et cela pose deux questions ;
-En situation de changement, doit-on se faire confiance ? Assurément, pour mettre en œuvre toutes nos ressources pour nous aider à rester en équilibre déséquilibré. Ce qui n'empêche pas le controle : auto-controle des impacts du changement sur nos comportements, nos capacités, nos valeurs ou notre identité profonde. Nous devons mettre en marche tous nos capteurs, cognitifs, intuitifs, nous souvenir de nos expériences passées, être en conscience de ce qui nous arrive, être en éveil de ce qui peut nous arriver.
-Dans le cas de situations que nous ne maitrisons pas, doit-on donner notre confiance à ceux qui sont aux manettes ? Assurément, tout ciment d'une relation réside en la confiance que l'on donne à l'autre. Ce qui n'exclut pas là non plus, le contrôle : contrôle des informations, contrôle des actions mises en place, contrôles des positionnements des uns et des autres, avec une intention unique : rester en maîtrise de ce qui nous arrive, être en alerte, en éveil de ce qui peut nous arriver. La méfiance ne doit pas en résulter au risque de filtrer notre perception. Contrôler pour vérifier et maitriser.

Soyons donc attentifs aux informations multiples qui déjà affluent sur tous les canaux de communication pour nous rassurer ou nous effrayer sur les conséquences de l'explosion de la centrale de Fukushima.

Une pensée vers toutes les personnes qui de près ou de loin sont aujourd'hui touchées par cette catastrophe.






-ressource de la photo: gponthieu.blog.lemonde.fr

dimanche 6 mars 2011

Mobiquité : demain, l'esprit nomade sera-t-il la norme ?

ATAWAD : Any Time, Any Where, Any Device. Le principe déposé par Xavier Dalloz (1), fait référence au concept de mobiquité. Deux mots inspirants qui n'en font qu'un : ubiquité et mobilité. Les plus grands penseurs, les plus grands scientifiques, les plus grands philosophes se sont tous frottés à ces principes bizarres. Paul Valéry dans "La conquête de l'ubiquité" qui prévoyait déjà en 1928 la mise à disposition d'une Réalité Sensible à domicile pour les oeuvres d'art, Georges Orwell, Aldous Huxley ou encore Dino Buzzati, dans une nouvelle intitulée "Ubiquité" ont laissé de belles traces de ces pensées futuristes (3).
Ce rêve devient aujourd'hui réalité. Les nouvelles technologies, les STIC rendent possible cette hypothèse improbable. Et depuis peu, la technique devance à nouveau nos besoins : l'automobile a devancé les besoins de mobilité, le téléphone ou les terminaux mobiles sont en train de devancer un autre besoin ; celui de la mobiquité.
Être en même temps en train de travailler sur un dossier, répondre à un message de son fils qui veut savoir s'il doit acheter du pain, poster un fil sur Twitter pour partager une information avec ses followers ou envoyer la photo du coucher de soleil avec un commentaire nostalgique "Envie de vacances" sur Facebook tout en répondant "Accepter" à une invitation de réunion virtuelle sur sa messagerie devient aujourd'hui fréquent. Ce nomadisme virtuel deviendra-t-il la norme demain ?
Assurément, si cela reste du nomadisme et non du vagabondage. La différence ? Le nomadisme s'est fixé un objectif contrairement au vagabondage ou à l'errance. Le nomade va d'un endroit à un autre pour y chercher quelque chose, pour y faire quelque chose, pour y accomplir quelque chose. Le vagabond se laisse porter par le mouvement. Autrement dit, la technologie qui nous permet aujourd'hui la mobiquité nécessite de nous assurer de ce que nous cherchons au risque de devenir des vagabonds 2.0.
Ces nomades virtuels, les néo-nomades, les nomades 2.0, sont en train de créer, de véhiculer, de promouvoir une nouvelle manière vivre la réalité et de générer un nouveau monde : partage, solidarité, intuition, conscience, complexité, changement ; autant de valeurs qui viennent révolutionner nos sociétés ; Tunisie, Égypte, Libye aujourd'hui et demain Yemen, Iran, Chine ?!
Et puis, prenez garde : ils ne sont pas toujours derrière leurs écrans. Il sont aussi dans les rues, dans les arts, dans les bars et dans les gares. Ils sont à vos côtés pour que ce joli virus se propage pour le bien de l'Humanité.

(1) http://cap2020.experts-comptables.com/Bienvenue-dans-le-grand-Vortex/nouvelles_technologies/2020_sera_atawad_anytime_anywhere_anydevice_ou_ne_sera_pas
(2) STIC : Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication
(3) http://blog.culturemobile.net/index.php/2010/05/16/408-nomadisme-et-ubiquite-etude
Crédit image : Kumi Yamashita, artiste en quête d'ubiquité http://www.suite101.fr/content/audela-des-ombres-a525