samedi 27 octobre 2018

Sagesses nomades (extrait) L'araignée ; être dans le temps

Chaque semaine, je vous fais partager des extraits de mon nouveau livre "Sagesses nomades". Cette semaine, le premier dialogue du voyageur et d'un animal bavard, l'araignée, premier d'une série de neuf.
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"La tête ailleurs, le voyageur ne fit pas attention à une araignée qui tissait son fil entre deux branches de buis. La toile était si fine qu’il ne l’avait pas vue, l’araignée si petite qu’il avait failli l’emporter avec lui dans son mouvement. Seul un éclair de soleil lui avait permis de remarquer la petite bête qui s’échinait à monter et descendre sur son fil avec une obstination que seule une fourmi voulant porter une feuille dix fois plus grosse qu’elle, égalait. Il s’arrêta et regarda l’araignée faire, fasciné. Il essayait de comprendre ce qu’elle faisait : la toile semblait pourtant complète, d’une régularité mathématique, idéalement disposée au cœur de branches de buis construisant ainsi un piège idéal pour capturer les insectes de passage. Tout à coup, l’araignée se dressa sur ses pattes et fustigea le voyageur :
- Vous voulez ma photo ? fit-elle en fronçant ses pattes pour montrer qu’elle n’était pas contente.
Le voyageur fit un bond en arrière, ahuri. « Je deviens dingue ou quoi ? Marcher seul ne me réussit pas » se dit-il en écarquillant les yeux.
- Vous ne voulez pas me laisser tranquille non ? Vous ne voyez pas que je travaille ? continua l’arachnide furax. 
- Pardonnez-moi, je ne vous avais pas vue, se surprit à répondre le voyageur.
- Oui mais maintenant que vous m’avez vue, pourriez-vous enlever votre nez de ma toile s’il vous plait ?
- Vous exagérez un peu. Avouez que je n’ai pas touché votre toile. Je vous regardais simplement faire. Votre travail est fascinant, vous savez ?
Il se rendit compte tout à coup de son délire ?! « Une araignée qui parle ? Qu’est-ce que c’est que ça ?? Ce doit être le soleil qui m’a tapé sur la tête » pensa-t-il. Ça lui était déjà arrivé une fois lors d’une longue marche sans boire suffisamment d’eau : troubles de la vue, vertiges légers, étourdissements passagers. Il avait suffi de se reposer un peu et de boire pour que tout redevienne normal. Il va falloir qu’il se surveille.
- Ah bon ? Vous trouvez ? fit-elle flattée, au moment où le voyageur s’apprêtait à reprendre son chemin.
Résigné, le voyageur continua la conversation. Après tout, même si ce n’était qu’un rêve ou une hallucination, la discussion ne manquait pas d’intérêt.
- Oui, s’exclamât-il, c’est un modèle de régularité et de beauté. Je suis sûr que si on analysait votre construction, on y trouverait le nombre d’or.
- Le nombre d’or ? interrogea l’araignée.
- Oui. Un nombre en géométrie…
« Comment vais-je me sortir de cette situation ? » pensa-t-il.
- Heu, excusez-moi, le nombre d’or décrit une particularité qu’on retrouve souvent dans la nature. Par exemple, si vous avez déjà vu une herbe qui se replie en une spirale parfaite, il y a des chances que cette herbe ait utilisé sans le savoir le nombre d’or. Vous trouvez cela aussi sur le dessin que forment les écailles d’une pomme de pin, qui possède treize spirales dans un sens et huit dans l’autre. Et ce rapport de 1,6 environ se retrouve dans la proportion entre la dimension de la Terre et celle de la Lune. Et quand je regarde votre toile, elle est tellement harmonieusement construite qu’elle doit respecter les proportions du nombre d’or.
- Ah bon ? fit l’araignée un peu dubitative. Ce gros animal est bien bizarre, bougonna-t-elle pour elle-même. Enfin, vous m’empêchez de travailler là, fit-elle en ronchonnant. J’ai été ravie de faire votre connaissance et si vous vouliez bien passer votre chemin, cela m’arrangerait maintenant.
Le voyageur s’entendit bafouiller des excuses et se dit qu’il était vraiment déshydraté ou endormi ou…
Mais quand même, puisqu’il avait l’occasion rare de parler à une araignée, et qu’il restait sur son idée d’espace et de temps, il se risqua à une question :
- Bien sûr, bien sûr, je vais vous laisser travailler. Mais est-ce que je peux me permettre de vous poser une dernière question avant de poursuivre ma route ?
Le voyageur regarda autour de lui pour voir si personne n’assistait à la scène : l’hôpital psychiatrique n’était pas loin si on le prenait à discuter avec une araignée. 
L’araignée leva les yeux au ciel en soufflant et s’arrêtant, ostensiblement impatiente, une patte sur l’abdomen, lui faisant signe qu’elle consentait à l’écouter.
- En fait, j’ai deux questions, risqua le voyageur.
- Commencez par la première et puis on verra, rétorqua l’araignée
- Bon, j’ai une question sur votre toile.
- Allez-y !
- Vous en changez souvent ?
- De quoi ?
- Eh bien, de toile ?
- J’en change quand c’est nécessaire. Je la refais tous les jours en fait. Les poussières se collent dessus et la rendent moins efficace pour attraper mes proies. En fonction de l’humidité, je dois la consolider régulièrement. J’en change aussi l’orientation en fonction de la lumière. Si je prends moins d’insectes, je la récupère pour la reconstruire à un endroit plus propice.
- Ah oui ? fit le voyageur étonné.
- Oui, je l’avale, la digère et la transforme en matière prête à l’emploi.
Si on pouvait faire pareil avec nos maisons, se dit le voyageur pensif
- Donc vous n’êtes pas attachée à un endroit particulier ? demanda le voyageur à l’araignée.
- Je ne suis attachée qu’à ce qu’il me permet d’attraper. Si une toile est mal positionnée, elle ne vous nourrit pas et vous mourrez ; alors vous savez, la beauté des lieux, le bruit ambiant, la proximité du bord de mer deviennent secondaires, fit-elle sarcastique.
- C’est vrai. Je comprends.
Les besoins primaires doivent être d’abord assurés. Son interlocutrice était très centrée là-dessus. Alors, il lui posa une autre question.
- Et si vous aviez le choix ? Imaginez-vous être sur une toile autonettoyante qui vous permettrait de prendre tous les jours de quoi vous nourrir largement. Que feriez-vous ? Vous resteriez ou vous changeriez de toile ?
L’araignée prit son temps pour répondre et finit par dire.
- Pas sûre que cette vie-là me passionnerait. Ce qui est intéressant dans la vie d’une araignée, c’est de construire sa toile : la bonne texture, la bonne longueur, la bonne orientation, faire la première spirale puis la deuxième plus serrée. Si je n’avais plus à faire ça, ce serait beaucoup moins drôle. Et puis, cette toile autonettoyante risquerait d’intéresser mes congénères ; il faudrait peut-être que je me défende plus contre leur convoitise. Non, en y réfléchissant, je ne crois pas que ça m’intéresserait.
A vrai dire, le voyageur souhaitait savoir si l’araignée était plutôt sédentaire ou plutôt nomade et donc, si le temps importait plus que l’espace pour elle mais il convint que sa question était mal posée. En même temps, discuter avec une araignée demandait une certaine adaptation de sa part. Il se risqua donc à une dernière question.
- Je comprends, je comprends. Dites-moi ; vous dormez j’imagine ?
- Ben oui, évidemment. Comme tout le monde non ? fit-elle un peu agacée.
Le voyageur enchaina.
- Et quand vous vous réveillez, quand vous pensez à la journée qui s’annonce, quelle est votre première pensée ?
- Ma première pensée va d’abord à ce que j’ai attrapé pendant la nuit puis je regarde l’état de ma toile. Et cela programme ma journée.
- C'est-à-dire ?
- Je sais que si je n’ai rien attrapé pendant la nuit, il va falloir que je déménage et que je reconstruise une autre toile ailleurs. Et selon la saison, j’ai plus ou moins de temps pour faire ça.
- Si je comprends bien, ce qui vous importe avant tout c’est votre nourriture. Si vous n’en n’avez plus assez, vous estimez le temps nécessaire pour reconstituer vos réserves, s’essaya le voyageur.
- Vous avez tout compris. Pourquoi ? Vous ne faites pas pareil vous ?
- Nous faisons comme vous quand nous savons que nous allons peut-être manquer de nourriture. Des personnes sont malheureusement contraintes de faire cela tous les jours. D’autres, lorsqu’ils perdent leur emploi, déménagent pour gagner leur vie ailleurs afin de nourrir leur famille.
- Vous semblez associer l’adaptation, le changement, le mouvement à une question de perte ou de manque, je me trompe ? fit l’araignée.
- Vous avez raison, c’est souvent que nous disons « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne ! ».
- Ça c’est drôle alors ! Alors que moi, c’est si je ne bouge pas que je suis sûre de mourir plus vite.
- Ah bon ? Vous savez que vous allez mourir un jour ?
- Bah ! évidemment, répliqua l’araignée excédée. Vous nous prenez vraiment pour des imbéciles…
- Heu ! Non, non, je vous assure. C’est plutôt rassurant d’ailleurs de savoir que les araignées savent cela, se reprit le voyageur un peu gêné. Les humains pensent que seule l’espèce humaine sait qu’elle va mourir.
- C’est bien ça le problème des humains. Ils croient être plus malins que les autres…Bien ! C’est pas le tout, dit l’araignée, mais moi, il faut que je change d’endroit. Alors, si ce n’est pas trop vous demander, pourrions-nous maintenant clore notre intéressante conversation ? J’ai été ravie de faire votre connaissance et vous souhaite une bonne fin de journée.
Et l’araignée fit demi-tour pour démonter sa toile.

Le voyageur un peu surpris, après un « Au revoir » maladroit, reprit son chemin, un fil d’araignée sur le bout du nez et un doute prononcé sur son propre état de santé mentale."

Copyright © Yann Coirault 2018
Illustrations Copyright © Karine Saigne 2018

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mardi 23 octobre 2018


Mon nouveau livre "SAGESSES NOMADES"

- Ah ! Enfin un humain à peu près immobile.
Il baissa les yeux sur l’escargot qui, à un mètre de lui, continuait à avancer lentement, laissant sa trace de bave dans son sillage.
- Pourquoi dites-vous ça ? Bonjour, cher gastéropode !
- Oh, je vous en prie hein ? Pas de ronds de jambe avec moi.
L’expression « ronds de jambe » pour un escargot était un peu bizarre. Le voyageur se demanda où l’escargot avait pu entendre cette expression…
- Je dis ça parce que vous êtes d’une espèce très bizarre, continua l’escargot, un peu crispé.
- Ah ! Dites-moi pourquoi ? interrogea le voyageur un peu agacé de ces animaux qui avaient des griefs contre les hommes, comme si, lui, le voyageur, pouvait être le seul à recevoir toutes les critiques du monde animal vis-à-vis de l’espèce humaine.
- Eh bien, vous allez toujours trop vite ! trancha l’escargot avec une émouvante assurance.

Ce conte itinérant décrit neuf conseils d’un nomade à un voyageur en quête d’éveil. Des rencontres improbables avec des animaux bavards sont l’occasion d’explorer ces qualités ancestrales et capacités oubliées. Les redécouvrir et les mettre en œuvre dans notre quotidien nous aideraient à mieux vivre dans un monde qui se sédentarise et se complexifie.

Illustration Copyright Karine Saigne 2018
Découvrez dans cet ouvrage une source inspirante de réflexion et une mine de leçons inspirantes pour (re)développer votre esprit nomade. 

Pour acheter ce livre

Le livre est aussi disponible sur Amazon

mardi 31 mars 2015

Avant-propos du livre "Les 5 clés pour prendre les bonnes décisions" écrit avec Pia de Buchet et édité aux Editions Dunod 

 «La vie est la somme de tous vos choix.» Albert Camus La complexité du monde, le flux continu d’informations et le changement permanent contribuent à rendre les décisions plus difficiles à prendre. Comment choisir entre plusieurs solutions possibles ? Comment être sûr de sélectionner la meilleure option? Selon quels critères? Les 5 clés pour prendre les bonnes décisions s’adresse à tous ceux qui souhaitent progresser dans leur façon de décider : le faire plus vite, mieux, avec davantage de confiance en soi et d’assurance dans la décision prise. L’ouvrage s’appuie sur les résultats des dernières recherches en neurosciences et les observations d’expériences pratiques de cadres et de dirigeants. Il met en évidence la nécessité de solliciter à la fois sa raison, ses émotions et son intuition pour prendre une décision.
Les 5 clés pour prendre les bonnes décisions est un livre simple, pédagogique et opérationnel qui permet d’explorer et/ou développer des compétences utilisables immédiatement. Il constitue une mine de repères pour s’orienter dans ses prises de décision et éviter les pièges les plus fréquents. Commencez par répondre au quiz pour comprendre votre manière actuelle de décider. Puis, au fil des pages, vous apprendrez à décider de manière plus aisée. Les 5 clés pour prendre les bonnes décisions propose : ● des explications neuroscientifiques et psychologiques sur le processus décisionnel ; ● des outils et méthodes pour être acteur de ses décisions ; ● des exemples, conseils et repères pour mieux vivre les décisions à prendre.

Pour en savoir plus et acquérir le livre

dimanche 13 avril 2014

La princesse, la poupée et la sirène

La princesse, la poupée et la sirène
 



La princesse et la poupée s’étaient endormies dans leur barque, des rêves de lune et de robes-nuages plein la tête (La princesse, la poupée et la licorne). C’est un rayon de soleil qui les réveilla. Une branche d’arbre très feuillu agitée par le vent léger, au lieu de les éblouir brutalement, permettait au rayon de soleil de leur faire une douce caresse sur leurs visages endormis, comme une plume d’oiseau géant. Les deux sœurs ouvrirent un œil puis les deux, s’étirèrent longuement et s’assirent en se tenant bien aux rebords de la barque. Leurs estomacs firent le même bruit en même temps : « Grrrrouic ». Elles se tinrent le ventre en faisant la grimace :

- J’ai faim, fit la poupée
- Oui, moi aussi, fit la princesse. Je ne sais pas ce qu’on pourrait manger ici. Il n’y a que des feuilles et des herbes. On pourrait peut-être pécher ? Qu’est ce que tu en dis ?
- Du poisson, le matin ? répliqua la poupée avec un air effaré.
Ça serait amusant. Attends, tu vas voir.

Et la princesse sauta sur la berge pour courir auprès d’un arbre proche qu’elle avait repéré la veille. Cet arbre avait laissé tomber à son pied des branches qui ressemblaient vraiment à des cannes à pêche. Elle en choisit une pour elle et une plus petite pour sa sœur. Puis, elle visa un autre arbre qui était envahi de petites lianes qui pourraient très bien faire office de fil à pêcher. Elle en retira juste ce qu’il fallait pour en faire une ligne qu’elle noua à chacune des branches. Quant à l’hameçon, cela était plus compliqué… La princesse réfléchit et elle se souvint qu’un jour, sa maman lui avait dit qu’on pouvait pêcher des grenouilles avec un chiffon rouge. Ça devait être bon les grenouilles à manger. Et devinez de quelle couleur était le foulard qu’elle avait autour du coup ? Et puis, vous vous souvenez ? La veille, elles s’étaient amusées à imiter le son des grenouilles. Il devait donc y en avoir à proximité. La princesse déjà réfléchissait au moyen de les faire cuire sans pour l’instant trouver la solution.
Elle revint en courant vers la barque où la poupée sagement faisait des ronds dans l’eau avec sa main par-dessus le bord de la barque. Cela faisait pencher la barque et la princesse eut peur en voyant l’embarcation ainsi dangereusement versée sur le côté.

 Fais attention ! Ne te penche pas trop ! Tu risques de faire chavirer la barque ! cria la princesse à sa sœur.

La poupée sursauta, surprise par le cri de sa sœur, toute hypnotisée qu’elle était par les dessins que sa main faisait faire à l’eau calme sur ce méandre de la rivière.

- Tu m’as fait peur, grogna la poupée. Qu’est-ce que tu as trouvé ?
- Des cannes à pêches pour pêcher des grenouilles, affirma fièrement la princesse
- Des grenouilles ? Beurk ! Je ne mangerai pas de grenouilles, moi.
- Si on n’a que ça à manger, tu seras bien obligée, rétorqua la princesse

Elle finit de préparer les cannes en accrochant au bout de la liane des lambeaux de foulard rouge qu’elles avaient déchirés. Elle en remit une à sa sœur et lui dit :

- Allez viens avec moi. On va chercher des coins à grenouilles.

Elles descendirent toutes les deux sur la berge et remontèrent la rivière à la recherche d’endroits plus riches en plantes aquatiques. La princesse savait que les grenouilles aimaient bien se cacher dessous. Elles repérèrent un endroit propice et s’assirent sur le bord de la rivière et laissèrent tremper leur ligne dans l’eau. Les yeux rivés sur le bout de leur ligne, elles attendaient patiemment. Au bout de longues, longues minutes, ne voyant rien bouger, les deux petites filles désespérèrent un peu.

Tout à coup, la ligne de la poupée bougea. Stupéfaite, la poupée tressaillit : sa ligne s’enfonçait sous l’eau. Elle avait du mal à la retenir. Elle relevait la canne et ça devenait plus facile. Puis, elle s’enfonçait encore. Au bout de quelques tentatives pour faire sortir ce qu’elle pensait être une grenouille, la ligne ne fit plus de résistance. Mais, au lieu d’une grenouille, c’était autre chose qui était en train de sortir de l’eau ; une main, oui, une main qui tenait le foulard rouge et qui était en train de sortir de l’eau.

- N’ayez surtout pas peur, petites filles !

La voix semblait sortir de l’eau. Les deux sœurs effrayées lâchèrent leur canne et reculèrent brutalement sur la berge. Elles virent alors sortir de l’eau une femme d’une beauté éblouissante.

- Mais c’est toi qui a parlé ? demanda la princesse
- Oui, c’est moi. Mais ne soyez pas effrayées. Je ne suis pas méchante et je ne vous veux aucun mal, au contraire.
- Et qu’est-ce que tu fais dans l’eau 
- Je suis une sirène, répondit la dame, moitié poisson, moitié humaine.
- Une sirène ? Mais les sirènes vivent dans la mer. Et là, tu es dans une rivière…, dit  la poupée
- Oui, c’est vrai, mais parfois, je remonte le cours de la rivière un peu. Nous ne sommes pas loin de la mer ici tu sais ? Et puis, je suis une sirène un peu spéciale.
- Tu veux dire que tu es comme ton copain le pingouin ? dit la princesse en se souvenant de ce que leur avait dit le pingouin qui leur avait donné les cadeaux. (La princesse, la poupée et le pingouin)
- Oui, c’est ça. Et puis, je vous suis depuis hier. Et j’ai pensé que ce matin vous auriez un peu faim. Alors je vous ai préparé une surprise.
 Ouiiiiii firent les deux sœurs en tapant dans leurs mains
- Venez ! Remontez dans votre barque. Je vais vous remorquer jusque vers l’endroit où j’ai préparé votre déjeuner.

Les petites filles coururent à la barque et sautèrent à l’intérieur. Le sirène enfila sur son épaule la corde qui servait à retenir le bateau sur le bord et commença à nager. D’abord, lentement, puis de plus en plus vite.
- Tenez-vous bien ! Je vais aller encore plus vite. Vous voulez ?
- Ouiiiii firent les deux sœurs en tapant dans leurs mains.

La barque accéléra, les deux sœurs se tenaient bien aux rebords pour ne pas tomber. Elles riaient de bon cœur lorsque le bateau faisait parfois des bonds. La sirène diminua son allure à l’approche d’une clairière en bord de rivière.

- Voilà, vous pouvez descendre, lança la sirène une fois la barque assez proche du bord pour que les petites filles en descendent sans danger. Regardez ce que je vous ai préparé, juste là, à côté de ce grand saule pleureur.

Les enfants découvrirent alors avec bonheur une grande nappe sur laquelle était déjà installse de grands plats remplis de croissants, de gâteaux et de friandises. La sirène, à ce moment-là tapa dans ses mains, et, apparut alors de derrière les arbres une cohorte de tout petits hommes, des lutins, qui transportaient un repas de fête : du lait, du chocolat, des fruits, des laitages, du pain, du beurre et des jus de fruits. Tout cela sur un grand plateau qu’ils déposèrent sur la grande nappe blanche. Les deux sœurs affamées se jetèrent joyeuses sur ce festin imprévu. Pendant ce temps, la sirène toute joyeuse aussi leur offrit un spectacle de sauts hallucinants : elle plongeait puis jaillissait de l’eau, tournoyait en l’air et retombait en faisant de grosses éclaboussures. Cela faisait beaucoup rire la princesse et la poupée.
Après avoir avalé la totalité de ce que les lutins leur avaient apporté, le ventre bien rempli, les petites filles se reposèrent un peu. La sirène attendrie les regardait. Elle leur dit alors :

-       -   Je crois qu’il y a une autre surprise qui vous attend.
-       -   Ah bon ? Encore à manger ? fit la poupée un peu étonnée
-        -  Non ! Autre chose ! Je crois qu’un lutin vous a préparé un petit souvenir.

Un lutin sortit alors du bosquet dans lequel il était caché, portant un paquet cadeau dans les mains.
Les petites filles un grand sourire aux lèvres et tapant dans leurs mains sautillaient d’impatience. Le lutin leur remit le cadeau et sans un mot disparut dans les fourrés. Les deux petites filles déchirèrent sans attendre le papier et défirent les nœuds des rubans dorés  qui l’entouraient. Elles découvrirent alors un boitier avec sur le dessus un bouton en forme de sirène.       

Qu’est ce que c’est ? demandèrent en cœur les deux sœurs
-   - Une boite à commande de repas. Dès que vous aurez faim, appuyez simplement sur ce bouton. Je saurai que vous avez faim et je vous préparerai un bon repas. D’accord ?
-     - Ouiiiii firent les deux sœurs en tapant dans leurs mains. Merci beaucoup. C’est très gentil.
-      - Je dois partir maintenant. J’ai d’autres repas à préparer. A très bientôt Lena et Eline
-       - Mais comment connais-tu nos prénoms ?
-       - Chuuut ! C’est un secret. Dit le sirène en souriant largement.

Elle fit une dernière figure de saut périlleux et disparut sous l’eau. Les petites filles,  encore éberluées de ce qu’elles avaient vécu ce matin encore, rangèrent soigneusement le petit boitier avec leurs affaires, elles décrochèrent la corde de la branche dans laquelle elle était fixée et repartirent, laissant filer la barque sur le fil de l’eau.

Non loin de là, caché derrière un gros rocher, le dauphin les observait en souriant.


mardi 4 février 2014

Wistiki : participez à cette innovation pour 20€

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dimanche 22 décembre 2013

Les 18 règles de vie du Dalaï Lama

Photo © Jamie Williams
Photo © Jamie Williams
1. Prenez en compte que le grand amour et les grandes réussites impliquent de grands risques. 
Le risque est impliqué dans chaque grande occasion de la vie. S’il n’y avait pas de risques, alors tout le monde agirait, ce qui rendrait les gens « ordinaires » et non « grands ». Démarquez-vous des autres comme celui qui peut non seulement prendre des risques, mais qui apprécie de le faire.


2. Lorsque vous échouez, n’échouez pas la leçon. 
Si vous oubliez ce que vous avez appris à ne pas faire, vous serez condamnés à répéter vos actions. Plus important encore, ne craignez pas l’échec. Car l’échec est le précurseur de la réussite. Rien de grand ne s’est accompli sans échec.

Le but de la vie n’est pas que nous soyons parfaits, mais que nous devenions la meilleure version possible de nous-même. Il est plus important d’être authentique qu’infaillible, et nous gagnons à écouter notre instinct. Les seules vraies erreurs sont celles que nous commettons à répétition. Les autres sont des occasions d’apprentissage.


3. Suivez les trois R : 
Respect de soi – La confiance est la clé de la réussite et si une personne ne se respecte pas, vous ne pouvez pas croire en elle. Ainsi, si vous ne vous respectez pas, vous ne pouvez pas réaliser de grandes choses puisque vous ne pouvez respecter les autres.

Respect des autres – Et vous serez respectés en retour. Si vous ne retournez pas le respect des autres, certains présumeront qu’ils ne valent pas la peine d’être respectés, et de ce fait, ils ne se respecteront pas.

Responsabilité pour toutes vos actions – Vous êtes seul responsable de vos sentiments, de vos actions, de votre réussite, etc. Vous contrôlez totalement votre vie, il ne faut pas essayer de blâmer les autres pour ses erreurs et ses malheurs.


4. Rappelez-vous que ne pas obtenir ce que vous voulez est parfois un merveilleux coup de chance. 
Essayer d’obtenir tout ce que vous désirez ne sera pas nécessairement bon pour vous dans le long terme. Si quelque chose semble ne jamais fonctionner, comme si le destin intervenait, pensez à lâcher prise et revenez y plus tard. L’Univers agit de façon mystérieuse et doit être digne de confiance.


5. Apprenez les règles pour savoir comment les transgresser correctement. 
Les règles sont faites pour être transgressées. La plupart d’entre elles sont mis en place par les anciens établissements corrompus qui ne cherchent qu’à asservir et maintenir leur propre pouvoir. Quand il s’agit de transgresser les règles, faites-le correctement pour éviter les répressions. Mais par-dessus toutes choses, assurez-vous que vous le faites dans les règles. Si l’autorité n’avait jamais été remise en question, nous serions civilisation stagnante.7


6. Ne laissez pas une petite dispute briser une grande amitié. 
Évidemment, l’amitié est bien plus importante qu’une petite dispute, mais très peu de gens mettent cette règle en pratique. Vous devez également être en mesure de suivre la règle #7 pour pouvoir suivre la règle #6.


7. Lorsque vous réalisez que vous avez commis une erreur, prenez immédiatement des mesures pour la corriger. 
Et ne laissez pas votre fierté faire obstacle à ces mesures. Pardonnez-vous et prenez-en l’entière responsabilité. Cela en dira long sur votre personne. Ce n’est pas le nombre de nos échecs qui déterminent notre réussite finale, mais notre capacité à en extraire de la sagesse, puis à passer à autre chose avec une énergie nouvelle.

Les erreurs sont neutres; nous pouvons en faire ce que nous voulons. Selon notre manière de les percevoir, elles nous accableront ou nous guideront vers le succès.


8. Passez un peu de temps seul chaque jour. 
Peu importe ce que vous faites, passez au moins 30 minutes de votre journée seul dans un endroit calme. Cela vous donnera au moins une demi-heure pour observer ce qui se passe dans votre vie, de prendre conscience de qui vous êtes et de comprendre ce que vous voulez. Que ce soit à travers la prière, la méditation, le yoga ou le golf, ce rituel est un « must ».


9. Ouvrez vos bras au changement, mais ne laissez pas s’envoler vos valeurs.
Le monde est en constante évolution. Si vous n’êtes pas ouvert au changement, alors vous serez malheureux. Vous allez vous-même changer, mais cela ne veut pas dire que vos valeurs doivent changer aussi. Accueillez les nouveaux lieux, les nouveaux visages et les nouveaux amours, mais ne changez jamais ces parties importantes de vous-même, sauf si vous avez de bonnes raisons de penser que vous aviez tort d’y croire.


10. Rappelez-vous que le silence est parfois la meilleure réponse.
Le silence conduit à la contemplation détendue au cours de laquelle les émotions ont moins d’influence et où logique peut prendre le relais. Par exemple, si vous vous disputez avec un ami, garder le silence au lieu de riposter en vous emportant est plus efficace et mettra fin à la dispute beaucoup plus rapidement.


11. Vivez votre vie avec honneur. 
De ce fait, lorsque vous vieillirez et vous regarderez en arrière, vous serez en mesure d’en profiter une seconde fois. Vous allez devoir vivre avec vos actions pour le reste de votre vie, alors pour vous épargner le regret et l’angoisse, vivez votre vie avec honneur à partir de maintenant. Les bonnes choses viennent et les bonnes personnes aussi. Vous ne serez jamais puni pour avoir agi avec intégrité.


12. Une atmosphère d’amour dans votre maison est le fondement de votre vie. 
C’est la règle où vous avez le moins de contrôle. Comme dans la règle # 3, si vous respectez (aimez) votre famille, ils vous respecteront et vous aimerons en retour. Faites entrer l’amour dans votre maison. Faites briller les murs avec de la tendresse. Cela établira une base solide dans la vie de vos enfants.


13. Lorsque vous êtes en désaccord avec les êtres chers, concentrez-vous uniquement sur le présent.
Ne réveillez pas le passé. Le passé est constant, immuable. Réveiller le passé ne peut qu’apporter plus de douleur à la situation. Pardonnez les actions passées et concentrez-vous sur le présent.


14. Partagez vos connaissances.
On apprend tellement dans une vie. Partager vos connaissances avec les gens que vous rencontrez, cela ne peut que les aider. Plus important encore, partager vos échecs et vos expériences pour que les autres ne reproduisent pas les mêmes erreurs.


15. Soyez doux avec la terre. 
La terre est l’endroit où nous vivons. Donc, cela devrait être évident. Blesser la terre c’est se blesser soi-même, l’avenir de vos enfants et de vos proches.


16.  Une fois par an Aussi souvent que possible, allez quelque part où vous n’êtes jamais allé auparavant.
Découvrez de nouveaux lieux et de nouvelles choses. Vous pourriez vous retrouver avec quelqu’un quelque part qui vous rend plus heureux. La Terre est si vaste avec des endroits uniques et magnifiques, pourquoi ne pas aller explorer un peu ?


17. Rappelez-vous que la meilleure des relations est celle dans laquelle votre amour pour l’autre dépasse vos propres besoins. 
L’inverse peut être un indice que votre relation doit se terminer. Si vous avez besoin de quelqu’un plus que vous l’aimez, c’est un signe de dépendance, pas d’affection. Trouvez quelqu’un où l’amour est la force dominante et dans laquelle la relation est beaucoup plus épanouissante.


18. Jugez vos réussites d’après ce que vous avez eu à renoncer pour y arriver. 
Décidez ce que vous voulez. Concevez votre vie idéale et foncez. Ne laissez aucune partie de ce rêve s’échapper, ainsi, vous ne vivrez jamais dans le regret. Tout est bon, car tout est utile –  dans la mesure où vous savez saisir les occasions d’apprentissage qui se présentent à vous.

Si vous percevez les expériences difficiles comme de mauvais présages, elles auront un impact négatif. Si vous les voyez comme des occasions de croître, vous saurez les transcender.