dimanche 19 septembre 2010

Histoire de mobilité


Philippe Croizon s'est entraîné pendant deux ans avant de tenter la traversée de la Manche. Un Français de 42 ans amputé des quatre membres après avoir été foudroyé par des décharges électriques en 1994, a réussi, samedi 18 septembre, la traversée de la Manche à la nage. Parti de Folkestone (Angleterre) à 8 heures du matin, il a atteint les côtes françaises, à proximité de Wissant, à 21 h 13. Une performance d'autant plus incroyable qu'elle a été réalisée en un temps beaucoup plus réduit que les 24 heures initialement prévues pour relier l'Angleterre et la France (33 kilomètres en ligne droite). LEMONDE.FR | 18.09.10
Incroyable dépassement de soi, incroyable performance et incroyable volonté de mobilité. Quelqu'un que n'importe qui d'entre nous aurait imaginé cloué dans son fauteuil ou son lit toute sa vie a trouvé l'énergie nécessaire pour bouger et traverser la Manche. C'est en voyant une femme qui faisait la traversée de la Manche 16 ans plus tôt, alors qu'on lui enlevait sa deuxième jambe, qu'il se dit "Pourquoi pas moi ?". Défi personnel donc, assurément. Son père dit "On avait un fils avant son accident. On a découvert un autre homme après son accident." Il rajoute " Il avait quelque chose en lui , qu'on a peut-être tous à la naissance, mais que lui a su déclencher !"
Faut-il être immobilisé pour vouloir bouger, faut-il être coincé pour trouver l'énergie de changer, qu'attendons-nous pour sortir de notre sédentarité ?

Labyrinther : aimer se perdre

Leh, Ladakh, fin de journée, nous nous enfonçons mon amie et moi dans les méandres de la ville. Nez au vent, sourire aux lèvres, nous nous laissons emmener par les pierres, les détours et les pentes. Ruelles du quartier commerçant, peu de touristes sont là, marché sur charrettes, les Ladakhis se pressent, le muezzin appelle à la prière dans le quartier musulman, les commerces ferment précipitamment et les fidèles se dépêchent, la nuit tombe, nous pressons aussi le pas, le nez au vent, les sens en alerte, nous débouchons sur la grande place où ont lieu les grands rassemblements. La place est vide. Nous repérons la direction que nous devons prendre pour rentrer, les impasses se succèdent, les retours en arrière, les écarts imposés par les maisons, nous nous éloignons, puis nous nous rapprochons, nous labyrinthons avec bonheur et inquiétude. La nuit se fait plus épaisse, nous nous guidons aux bruits du torrent proche : il nous attire, puis nous bloque, un sauveur miraculeux nous oriente vers le pont qui traverse le torrent à quelques dizaines de mètres de là. Nous nous retrouvons sur une route plus connue plus dégagée qui nous emmène vers notre destination.
Labyrinther c'est aimer se perdre, c'est aimer ressentir ce petit picotement d'inquiétude, c'est aimer croire qu'on est arrivés et que finalement, non, c'est aimer être dans l'abandon dans le mouvement maitrisé, c'est aimer faire confiance à tous ses sens, c'est aimer faire confiance à son intuition, c'est aimer accueillir l'inattendu parce qu'il arrive toujours et c'est aimer le voir comme un ami parce qu'il le deviendra.
Essayez, allez-y, perdez-vous pour mieux vous retrouver !

*Noeud tibétain ou nœud sans fin, nœud de la vie infinie et de la félicité. Il représente l'interdépendance de toutes choses, ou loi des causes et des effets. Il symbolise l'union de la sagesse et de la compassion.

Réaliser un vieux rêve

Un post magnifique de Corinne de Chiang Mai où elle semble se sédentariser temporairement

http://www.vie-nomade.com/2010/realiser-un-vieux-reve/

Lisez et dégustez

samedi 21 août 2010

Si vous souhaitez aider les Ladakhis, cette association Niyamdu.dro va bientôt mettre en place des moyens d'urgence et de reconstruction. http://ow.ly/2sOX7

vendredi 20 août 2010

Intuition : le sens de la vie

Un post intéressant de Samines sur Media part. Même si je ne la rejoins pas toujours sur tout, ses quatre caractéristiques de l'intuition me semblent pertinentes. Je me permets de les reproduire ici, mais allez lire son post !

http://www.mediapart.fr/club/blog/samines/180810/les-sens-de-la-vie-12

En guide de mise en bouche, je vous propose un échantillonnage des caractéristiques qui me semblent caractériser l’intuition :

1) Elle est immédiate. C’est une image qui apparaît sans lien logique avec le contexte. Elle n’a donc a priori pas de média

2) Elle apparait sans raisonnement (elle va d’ailleurs beaucoup plus vite) et n’est pas nécessairement en phase avec ce que l’on désire (combien de fois se dit-on : « je le savais, j’aurai du écouter…mon intuition ». Elle est, pour notre psyché, une autre voie d’accès à notre environnement que celles que nous propose le couple « Hypothèse + déduction », le duo affectif (j’aime + je n’aime pas) ou l’approche matérialiste (A quoi cela sert, qu’est-ce que je peux obtenir de…).

3) Elle est intemporelle. Le futur et le passé se confonde pour un « présent qui dure ». Elle n’est pas anticipation de savoir (préscience) ni perception de la psyché d’autrui (télépathie). Elle est plus dans le présent que la première et dépourvue de la restriction intentionnelle de la seconde (même si la télépathie peut être envisagée sous l’angle passif, il y a bien nécessairement un « accrochage » à la psyché d’autrui pour que l’idée de télépathie ait un sens – à défaut d’avoir une existence démontrée -).

4) L’Existence d’une « intuition » ne vaut pas pour vérité. Pour prendre un exemple quasi-caricatural, certaines psychoses permettent l’irruption d’une « Vérité », surgie de nulle part dans l’esprit du malade. Même si la folie est à considérer avec bienveillance quand on la marie avec la Vérité, je n’emprunterai pas le chemin du psychotique au simple motif qu’il est « intimement convaincu » d’aller vers la Lumière…

lundi 9 août 2010

Une enquête sur le nomadisme et la sédentarité

Une enquête sur le nomadisme et la sédentarité

Merci de consacrer un quart d'heure à cette enquête. Les résultats seront publiés ici et sur LinkedIn.
http://www.surveymonkey.com/s/2QGZP6Q
Merci d'avance

mercredi 4 août 2010

Le temps suspendu

Aller à la rencontre de l'autre, c'est aussi savoir encaisser des émotions tellement fortes qu'elles écrasent le temps, qu'elles le contractent, le distendent. Le temps devient l'espace et la conscience se concentre sur le moment vécu faisant son plein d'énergie.
Nonnerie de Temisgam (Ladakh, Inde du Nord) un festival bouddhiste, bâches orange, femmes assises en habit traditionnel, invitation à prendre le chian (thé au lait) aux places d'honneur habituellement réservées aux moines, face à face étrange, une centaine de ladakhis nous observent, rient en se parlant à l'oreille, nous et eux au spectacle, nous et eux vedettes de ce moment, qui va commencer ? Les appareils photos sont les déclencheurs : les images nous rapprochent. Une sono crache des airs traditionnels, les sons nous réunissent. Une femme ladakhi se lève, invite l'une d'entre nous à danser avec elle, la danse nous unit, d'autres femmes se lèvent, nous aussi, une ronde se forme, nous nous essayons à les imiter, maladroits, la sono s'arrête, les tambours marquent le tempo d'une nouvelle danse, nous singeons un peu patauds leurs mouvements harmonieux, leurs rires accueillent nos pas de danse, ils ne nous en veulent pas. La musique s'arrête, les visages sont radieux, les larmes coulent, les mains se serrent, dernières photos ; c'est terminé ! Le temps reprend sa place.